Le parc national du Tongariro

Le parc national du Tongariro est l’un des lieux incontournables lors d’un voyage en Nouvelle-Zélande. Il inclut les volcans Ruapehu, Tongariro et Ngauruhoe. Il est classé sur la liste du patrimoine mondial établie par l’UNESCO. Le mont Ngauruhoe a servi de lieux de tournage pour la Montagne du Destin dans la trilogie cinématographique du Seigneur des Anneaux.

Lorsque j’ai découvert ce pays en 2009, j’avais dû me résoudre à laisser de côté la traversée du Tongariro, favorisant l’île du Sud, mais cette décision avait été largement prise à contre coeur. Par conséquent, dès que Tristan et moi avons fait le choix de parcourir le Te Araroa, ma première réaction a été de vérifier si le sentier passait par ce parc national. Et il se trouve que oui ! J’attendais alors cette traversée avec impatience depuis des mois et mes attentes étaient très élevées (un peu comme un enfant la veille de Noël).

Cependant, deux choses pouvaient ternir cette journée si attendue: la météo (si c’est trop nuageux ou s’il pleut, les volcans restent cachés) et le nombre élevé de touristes. Aussi, tous les guides touristiques recommandent de faire le chemin du Sud vers le Nord et donc les bus amènent les gens au parking sud pour les récupérer au parking nord. Nous évidemment, on le fait du Nord au Sud, ce qui est loin d’être un réel problème excepté le fait d’aller à contre courant et de se retrouver face à des dixaines de personnes se demandant pourquoi des fous vont dans l’autre sens avec des sacs d’au moins 15kg sur les épaules. Bref, le véritable problème est donc de se retrouver au milieu d’une quantité trop importante de gens. Cela peut paraître égoïste mais on aimerait être quasiment seuls entourés de volcans. Il nous a donc fallu réfléchir à un moyen de rendre cette journée unique et voici quel a été notre plan d’attaque.

Découverte du parc national, Tongariro

Nous sommes jeudi 14 décembre. Le ciel est légèrement nuageux mais à vrai dire, il pourrait pleuvoir, cela nous laisserait indifférents. Tout ce qui intéresse notre troupe (Haiku, Prana, Mikkel, Ellie, Tristan et moi), c’est d’avoir un temps clément demain pour la traversée du Tongariro. Plus les kilomètres défilent sous nos pieds et plus les volcans se dessinent à l’horizon. Cela fait 3 jours qu’on les distingue dans notre champ de vision et ces vues attisent notre excitation. Mais la marche nous apprend à patienter. Pas après pas, on sait qu’on finira par atteindre ces monts à la terre noire qui contrastent avec la luxuriante végétation des forêts.

Dans la soirée, on arrive à l’entrée du parc national. La première partie de notre plan d’attaque est de dormir juste avant le début du sentier. Malgré les interdictions, on plante nos tentes. Prana regarde une dernière fois la météo. Le beau temps est toujours annoncé. À 19h, je m’endors dans les bras de Tristan, impatiente de commencer le parcours qui nous attend le lendemain.

 

Ellie suit les règles en ne plantant pas sa tente. 😊

 

À 2h du matin, le réveil sonne. La deuxième partie du plan d’attaque est lancée: faire les 6 premiers kilomètres du sentier dans la nuit. A 2h52, notre troupe se met en marche, lampes frontales en action. Nous sommes à 761 mètres d’altitude. Après avoir fait 3 km, nous sommes enfin au dessus des arbres et nous nous arrêtons quelques minutes pour contempler un ciel complètement dégagé, rempli d’étoiles. Nous voyons même la voie lactée et des étoiles filantes. La nature nous offre un spectacle inoubliable. Puis, notre marche reprend et les odeurs de soufre nous rappellent que nous sommes bien sur des terres volcaniques toujours actives. Une fois ces 6 km parcourus, nous atteignons une hutte à 1443 mètres d’altitude : deuxième arrêt programmé afin de regarder le soleil se lever. Cela fait 3h que nous sommes levés et cette journée est déjà absolument fantastique.

Depuis la hutte
Depuis la hutte
Depuis la hutte
Les températures sont très fraîches à cette altitude, même en pleine journée.
Haiku
Notre équipe Haiku, Prana, Mikkel, Ellie, Tristan et moi

Nous reprenons notre ascension bien emmitouflés dans nos vêtements afin d’être protégés du vent. Arrivés en haut du premier col, à environ 1755 mètre d’altitude, nous sommes vraiment des enfants découvrant leurs cadeaux de Noël. Les paysages sont à couper le souffle et nous avons tous un grand sourire aux lèvres. Nous sommes les rois du Mordor. Le parc national est rien que pour nous pendant plusieurs heures et les volcans sont majestueux sous cette lumière matinale. Notre plan d’attaque est un succès ! Haiku et moi nous arrêtons au moins toutes les 5 minutes pour prendre des photos. Nous sommes tous émerveillés.

Reprise de la marche pour voir ce qu’il y a de l’autre côté du col.
Tongariro
Tongariro
Tongariro
Tongariro
Les lacs Émeraudes
Tongariro
Tongariro
Le volcan Ngauruhoe
Le volcan Ngauruhoe
Le temps change très très rapidement.

Il est environ 8h du matin quand on commence à voir d’autres personnes arriver dans le sens opposé. Nous décidons alors de nous diriger vers le sommet du Mont Tongariro qui est à 1967 mètre d’altitude. Le sentier qu’il faut emprunter est assez court (2h aller-retour) et il n’est plus balisé. Il n’est pas sur l’itinéraire du Te Araroa non plus. Cela signifie que un nombre très limité de personnes l’emprunte. Tant mieux ! Cela veut dire que nous bénéficions d’une tranquillité très agréable pour quelques heures encore.

En route vers le sommet
Tongariro

On s’accorde tous à dire que se lever à 2h du matin a rendu cette journée hors du commun et c’est la meilleure journée qu’on ait passée depuis le début de notre aventure.

Finalement, il faut bien se résoudre à redescendre, zigzaguant entre les personnes qui vont vers le parking nord. On quitte progressivement ces terres volcaniques et on se demande si on n’a pas juste rêvé tout ce qu’on vient de vivre tellement ces instants ont été magiques.

Tongariro

4 pensées sur “Le parc national du Tongariro

  • 24 décembre 2017 à 10 h 35 min
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    Toujours aussi belle les photos !!

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    • 24 décembre 2017 à 21 h 14 min
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      Merci Ruben ! Gros bisous !

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  • 24 décembre 2017 à 11 h 15 min
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    Un rêve éveillé (a 2h du mat !!) une journée exceptionnelle, des paysages époustouflants n’est-pas le plus beau des cadeaux de Noël, grâce à votre détermination sans limite, vous avez la chance (et le courage) de vivre une aventure qui restera gravée en vous à jamais et nous, nous vous suivons à travers vos messages, vos photos d’une extrême beauté, en lisant ce blog nous faisant monter les larmes aux yeux, mais ce sont des larmes de joie tellement nous constatons a quel point vous vivez pleinement ce parcours qui même difficile vous apporte tant de bonheur, bien traduit dans ces textes magnifiques.
    ON VOUS AIME TRES FORT

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    • 24 décembre 2017 à 21 h 14 min
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      Merci pour ce message très émouvant. On vous aime fort aussi. Joyeux Noël !

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