La réserve naturelle d’Orokonui

Ce périple de 6 mois en Nouvelle-Zélande aura confirmé et renforcé l’intérêt que nous avons pour la nature (faune et flore), la vie en plein air et la préservation de l’environnement. Quand nous sommes immergés pendant des mois au cœur des forêts, quand nous prenons le temps d’observer les animaux ou de comtempler un paysage avec des montagnes à perte de vue, on réalise à quel point notre planète est exceptionnelle. C’est aussi en sortant de sa routine et de sa zone de confort qu’on fait des rencontres aussi inattendues qu’émouvantes. Voici le récit d’une d’entre elles.

Le bâtiment de l’éco-sanctuaire où ils accueillent les visiteurs et où ils expliquent ce qu’ils font dans la réserve.

Nous avons passé une semaine à Dunedin, où Tristan a passé son premier niveau de plongée pendant que je découvrais la ville. En allant visiter le centre d’information, je suis tombée par hasard sur une brochure de la réserve naturelle Orokonui et par curiosité, je suis allée jeter un œil sur leur site internet (https://orokonui.nz). Leur site m’a laissé une bonne impression sur le lieu et le sentiment que cette réserve mettait en place tous les moyens modernes possibles pour arriver à sauvegarder des espèces en danger comme les kiwis, les perroquets Kaka, le Takahe ou encore le Tuatara.

Nous avons donc décidé de nous rendre à ce sanctuaire pour être plus informés sur leur démarche et pour essayer d’apercevoir quelques espèces endémiques. On pensait que les oiseaux en particulier allaient être difficiles à repérer donc nous n’avions aucune attente en particulier.

Mais dès notre entrée dans la réserve, on a senti qu’on a fait le bon choix pour profiter de cet après-midi ensoleillé. Nous nous sommes immédiatement sentis au milieu de la nature et pas du tout dans un parc clôturé. La plupart des animaux se baladent en semi-liberté, sans que leur vie soit mise en danger. Le but ensuite est de réintroduire ces espèces à l’état sauvage.

Nous étions donc en train de nous balader quand, par le pur des hasards, nous tombons sur une vétérinaire du parc, un ranger et deux étudiantes en stage.

On commence à discuter et plaisanter avec eux et le ranger nous dit : “C’est dommage, je ne savais pas que vous étiez si près de nous, sinon je vous aurais montré le bébé kiwi dont nous étions en train de vérifier l’état de santé.”.

Immédiatement, je demande si ce petit kiwi se développait bien et on discute une minute de plus. En se disant au revoir, nous remercions cette équipe de dédier leur temps à la sauvegarde des animaux et nous leur disons à quel point on trouve leur travail formidable. Le ranger nous arrête et nous dit : “Si vous n’êtes pas pressés, on part à la recherche d’un autre bébé kiwi. Cela peut prendre entre 5 minutes et une heure ou il se peut qu’on le trouve pas aujourd’hui. Mais vous pouvez nous suivre un peu si cela vous dit. Bien sûr, vous devrez rester sur le sentier car si on est trop nombreux, cela rend la tâche encore plus difficile.”.

Tristan et moi ne cachons pas notre enthousiasme à l’idée de les suivre, ne serait-ce que pour voir les techniques qu’ils emploient pour tenter de trouver un un kiwi. Les 33 kiwis (dont 3 bébés) dans la réserve sont tous équipés d’un transmetteur et l’une des étudiantes et la vétérinaire sont équipées d’une sorte d’antenne et d’une radio qui émet un signal quand elles s’approchent de l’animal. Malgré cet équipement, trouver les kiwis reste une affaire délicate. Ils savent courir et bien se cacher. On continue nos discussions en rigolant et tout à coup, la radio indique que nous sommes proche de l’oiseau sans aile. Le ranger nous demande de rester sur le sentier pendant qu’ils vont entrer dans la forêt pour essayer d’attraper le kiwi. On a le sourire jusqu’aux oreilles, on va peut-être voir un kiwi ! Mais avant de rentrer dans la forêt, le ranger se retourne et nous regarde en disant : “Bon vous savez quoi, je vous aime bien. Suivez-nous.”.

Nous sommes surexcités mais nous restons extrêmement silencieux et nous imitons les gestes que les experts font afin d’être les plus discrets possibles. Cependant le kiwi reste introuvable. Nous repartons sur le sentier et les recherches se poursuivent. Le radio émet de nouveau un signal prometteur. Nous entrons tous à nouveau dans la forêt en scrutant chaque recoin. Le ranger et la vétérinaire se mettent à chercher au pied des hautes herbes. Le transmetteur l’indique, le kiwi est à quelques centimètres de nous. Le ranger écarte les branches, il se couche, rampe pour examiner chaque petit trou et finalement, il se relève avec un jeune kiwi de 3 mois et demi dans les bras. C’est évidemment un moment stressant pour l’animal mais nécessaire pour sa survie. L’examen médical commence, l’équipe nous explique ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Ils pèsent le kiwi, vérifient s’il n’est pas blessé, lui donnent du vermifuge et des vitamines. Cela coûte environ trente mille dollars néo-zélandais (plus de dix-sept mille euros) pour élever un kiwi en bonne santé avant de le relâcher dans la nature. Surtout qu’il s’agit là du kiwi Haast, la variété de kiwi la plus rare. Il en existe seulement 400. Chaque vie compte énormément pour la survie de l’espèce.

Ils vérifient le poids de l’oiseau. Ce dernier se développe bien.
Le ranger garde quelques minutes le kiwi dans sa polaire pour le rassurer et le maintenir au chaud. C’est l’heure de changer son transmetteur.

D’autres visiteurs passent sur le sentier, on les entend parler. Eux n’ont aucune idée de notre présence ou de la présence du kiwi. Le ranger dit : “On ne peut pas montrer les kiwis à tout le monde.”.

Nous nous sentons vraiment privilégiés.

Le ranger conclut en nous demandant : “Bon dernière chose avant de laisser repartir notre compagnon. Vous devez décider entre vous qui va prendre la photo et qui va tenir le kiwi dans ses bras.”.

Tristan me laisse prendre le petit être fragile.

Après avoir remercié l’équipe qui attend de nous en retour seulement d’aimer leur page Facebook, on continue l’exploration de la réserve en étant vraiment heureux d’avoir fait cette rencontre. En sortant de son quotidien, on vit des nouvelles expériences, inattendues, bonnes ou mauvaises mais toujours enrichissantes. 

Voici la vidéo du petit kiwi :

 

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