De Wanaka à Arrowtown

De Wanaka à Arrowtown

Départ mercredi 7 – arrivée vendredi 9

64 km – 2683km parcourus

Mercredi 7

100, rue Ardmore à Wanaka. Cette fois, ce n’est ni l’adresse d’un café / restaurant ni l’adresse d’un bar. Nous sommes devant l’arrêt de bus et c’est déjà l’heure de dire au revoir à Cédric. Nous avons l’impression qu’il est arrivé hier et on aurait bien continué avec lui jusqu’à Bluff. Bluff… La ligne d’arrivée approche. Nous ne connaissons quasiment rien de cette ville. On ne sait pas s’il y a des choses à visiter, si c’est une ville ou un village, si des personnes célèbres y ont vécu. Nous savons juste que c’est le point le plus au sud sur notre parcours et que ce point marque la fin du Te Araroa. Quand nous sommes partis du Cap Reinga le 21 octobre 2017, cette ville était à une distance de 3041 km. On avait plusieurs petits objectifs en tête : survivre aux forêts, admirer les volcans du Tongariro, pagayer sur la rivière Whanganui, prendre de l’expérience dans les montagnes des Tararua, découvrir Wellington, achever notre parcours sur l’île du Nord pour se laisser ensuite charmer par les beautés de l’île du Sud et enfin retrouver Cédric pour partager cette aventure avec lui. Maintenant, l’objectif final est d’atteindre Bluff. Alors, on reprend notre marche. Les premiers kilomètres nous font longer le lac Wanaka puis on fait quelques kilomètres sur la route pour entrer sur le sentier de Motatapu. Les paysages sont sublimes. On s’endort tranquillement dans la hutte Fern Burn. Il nous reste moins de 400 kilomètres avant Bluff.

Dernière soirée à Wanaka avec Cédric.
Lac Wanaka
Lac Wanaka
Quand on voit ce genre d’indications, on se dit que nous sommes encore condamnés à avoir les pieds mouillés. Mais en fait non, pour une fois, le Te Araroa ne nous fait pas marcher dans l’eau !
Première hutte sur le sentier Motatapu.

Jeudi 8

On est sur le sentier dès les premières lueurs matinales. On a fait la connaissance d’un argentin, Manu. Il se promène à travers la Nouvelle-Zélande en vélo et son chemin a croisé celui d’un randonneur, Jay. Ce dernier l’a convaincu d’arrêter de pédaler pour 24h et de le suivre sur le sentier pour marcher et découvrir les montagnes. Manu a sa trompette avec lui et ce matin, il va jusqu’au premier col où il joue de son instrument pour notre plus grand plaisir. Écouter un argentin jouer de la musique à 1275 mètres d’altitude sur le Te Araroa est irréel et très agréable. Puis toute la journée, on monte et on descend. Chaque recoin est magnifique. On arrive à la hutte Roses un peu avant 18h. Le temps a été absolument magnifique aujourd’hui. On prend deux lits près d’une petite fenêtre. Je sombre dans le sommeil alors qu’il fait encore jour. Je me réveille dans la nuit et tout est sombre autour de moi. Les autres randonneurs sont endormis. Je tourne mon regard vers la fenêtre car vu le ciel sans nuage qu’on a eu toute la journée, je me dis qu’on doit pouvoir voir quelques étoiles. Et je ne peux m’empêcher de m’exclamer : “wow !”. J’entends Tristan se tourner vers moi. J’ajoute : “Tu as vu ce ciel ?”. Il répond : “ouais, c’est vraiment magnifique.” Puis il se retourne, essayant de continuer sa nuit. Je contemple les étoiles tentant de trouver le courage pour sortir de mon sac de couchage, descendre du lit et aller sur la terrasse pour mieux observer le ciel. Cela me prend quelques minutes mais le fait de voir une étoile filante me donne l’énergie nécessaire. Nous sommes dans une hutte au milieu des montagnes, loin des villes donc éloignés de la pollution lumineuse. En essayant de faire le moins de bruit possible, je prends mon sac avec mon appareil photo et je sors de la hutte. Je prends aussi mon téléphone portable et je vois qu’il n’est que 22h15 ! Je reste une petite demie heure à regarder ce spectacle nocturne.

Lever de soleil et le lac Wanaka dans le fond.
Un peu de musique jouée par Manu pour nous motiver.
On suit l’arête.
Le sentier Motatapu, une merveille !
Le sentier Motatapu
Le sentier Motatapu

Une hutte encore pas trop mal placée, si vous la trouvez.

Vendredi 9

C’est notre dernier jour sur le sentier Motatapu avant de retrouver la civilisation à Arrowtown. Le soleil n’est pas encore passé au dessus des montagnes quand on commence à marcher. On voit un peu de ciel bleu et quelques nuages bas. Il y a aussi du vent et du brouillard. Les températures sont fraîches. La hutte est à 700 mètres d’altitude et on se dirige vers un col à 1270 mètres. Le temps est très variable mais les nuages finissent par couvrir complètement le ciel. Vers 10h du matin, on a un choix à faire. Soit prendre l’itinéraire qui passe au dessus de la gorge (donc des montées et des descentes) soit prendre le chemin qui fait passer par la rivière. Les notes encouragent à prendre le sentier qui suit le lit de la rivière (si le niveau de l’eau est assez bas évidemment) en disant que c’est plus court et que ceux qui prennent l’option au dessus de la gorge doivent tout de même traverser plusieurs fois la rivière dans la journée. Donc en bref, tout le monde finira avec les chaussures mouillées. Le choix est difficile, dénivelé plus important ou pieds mouillés un peu plus tôt que prévu ? Je ne sais pas pourquoi mais on choisit l’itinéraire qui passe dès maintenant dans la rivière. À peine 10 minutes après s’être lancés sur cette piste, nous avons une impression de déjà vu. L’eau est glaciale. On pourrait marcher dans des glaçons, je pense qu’on aurait à peu près les mêmes douleurs. Quand le sentier nous fait quitter l’eau pour marcher sur la terre ferme, on doit zigzaguer entre les arbustes épineux qui nous écorchent la peau. Jay, un autre randonneur, nous dit qu’il regrette amèrement son choix et qu’il ne sent plus ses pieds. Elliot, un randonneur québécois qu’on a rencontré il y a plusieurs semaines, nous raconte le soir qu’il a préféré à un moment quitter la rivière pour retrouver le chemin en haut des gorges tellement l’expérience était désagréable. Tristan, moi mais aussi trois autres randonneurs ont fait les 5 kilomètres dans l’eau. Pour Tristan et moi, il a fallu quasiment deux heures pour finir cette partie et on se questionne vraiment sur le fait que cet itinéraire soit plus rapide. Encore une ruse du Te Araroa pour nous en faire baver ! Nous sommes congelés et il faut plusieurs heures de marche à mes pieds (sur un sentier sec) pour qu’ils se réchauffent un peu. On passe par Macetown, une ville où venaient de nombreux chercheurs d’or et qui est aujourd’hui désertée. En milieu d’après-midi, le soleil est réapparu et on atteint l’avant dernier col au dessus de 1000 mètres (1054m pour être précise) sur le sentier. On voit Arrowtown dans la vallée, notre destination pour ce soir, et un tout petit bout du lac Wakatipu à l’horizon.

Soleil ou pluie ?
Le temps n’arrive pas à se décider, donc on a peu de tout ce matin.
Finalement ce sera grisaille et froid.
Mais des paysages spectaculaires.
La rivière Arrow. Les chercheurs d’or ont été nombreux il y a quelques années. Aujourd’hui, je pourrais marcher sur un lingot, je ne le verrai même pas. Mon cerveau ne pense qu’à une chose : sortir de l’eau glaciale !
La végétation toujours aussi peu hospitalière en bord de rivière. Mais le soleil fait son apparition.
Dernier coup d’œil sur cette vallée et les montagnes avant de descendre à Arrowtown.

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