De Arrowtown à Te Anau

De Arrowtown à Te Anau

Départ samedi 10 – arrivée mercredi 14

124km – 2807km parcourus

Samedi 10

Une journée de marche sépare Queenstown de Arrowtown. On se met en marche après avoir pris un bon petit déjeuner dans un café. Plus on approche de Queenstown et plus les bruits causés par l’activité humaine sont présents : les avions qui atterrissent et décollent à la chaîne, les voitures sur l’autoroute, les zones industrielles et résidentielles en pleine expansion… Queenstown est LA ville à la mode développée pour le tourisme. Et en ce moment, elle représente tout ce qu’on a envie de fuir, même si nous sommes nous aussi des touristes. Heureusement, nous avons prévu de ne passer qu’une nuit et de repartir dès le lendemain. Queenstown remporte la palme du camping le plus cher : 65 dollars néo-zélandais juste pour planter la tente. Habituellement, on paie entre 20 et 30 dollars dans les campings et moins de 70 dollars dans les auberges de jeunesse pour une chambre pour deux personnes. Inutile de dire qu’on a hâte de retrouver les montagnes et la nature, malgré les commentaires peu réjouissants que nous avons entendus à propos de la fin du sentier. En effet, depuis plusieurs semaines, on croise des randonneurs qui font le Te Araroa dans le sens inverse, du Sud au Nord et beaucoup d’entre eux souhaitent seulement faire la partie de la randonnée dans l’île du sud. Ils tiennent tous le même discours : en dessous de Queenstown, les paysages ne sont plus aussi jolis et, selon eux, certaines sections sont vraiment ennuyeuses. Nous savons effectivement que nous allons laissé progressivement les montagnes derrière nous et que les traversées des fermes et des forêts sont au programme. Ce n’est en effet pas la partie la plus excitante, mais après tout, nous ne sommes pas venus ici pour prendre cinq mois de vacances les pieds en éventail mais pour vivre une aventure de 3041 km avec ses bons et ses mauvais côtés, avec des jours où on se dit qu’on ne veut jamais quitter un tel environnement et des jours où on se demande pourquoi nous sommes venus nous mettre dans un tel merdier. Ça fait parti du jeu et on apprécie notre vie de nomade où on peut voir le lever et le coucher du soleil dans des lieux différents chaque jour, on se soutient mutuellement quand le moral n’est pas là, on rencontre d’autres personnes qui ont eux aussi choisi de vivre la même aventure et on partage nos expériences. Ce sont aussi ces petits moments qui rendent la randonnée enrichissante. Le plaisir d’arriver à un lieu où on peut camper ou à une hutte et de retirer ses chaussures, de s’asseoir en regardant une carte pour votre l’itinéraire du jour parcouru et le trajet du lendemain, de rigoler des mésaventure des uns des autres, de manger son dîner et de s’endormir profondément deux ou trois minutes après avoir fermé les yeux, tout ça nous suffit pour dire qu’on a passé une excellente journée.

L’automne s’installe peu à peu ici et les températures diminuent.
Attention aux bêtes sanguinaires galopant librement dans les environs.
Danger !!

Dimanche 11

Pour la troisième et dernière fois, il faut encore prendre une navette. On quitte Queenstown pour retrouver le sentier du Te Araroa. La ville grouille de bus qui récupèrent les visiteurs pour les conduire au départ de leur activité : tour en bateau, promenade à cheval, saut en parachute ou autre. Nous qui aimons la marche pour être au calme, apprécier le silence et progresser à une lenteur qui nous permet de profiter des paysages participons à cette cacophonie. Après avoir pris 2 minibus, nous sommes sur le chemin qui s’appelle Greenstone. Nous allons passer 4 jours sur cette section. Le sentier est très bien entretenu, on marche dans la forêt au bord de la rivière, entourés parfois de fantail, un petit oiseau néo-zélandais. On fait 12km aujourd’hui et on s’arrête à la première hutte pour passer une après-midi tranquille.

Un oiseau appelé Fantail

Lundi 12

Depuis la hutte, on emprunte le sentier Mavora. Il est 7h et le soleil commence à peine à se lever mais nous sommes prêts à partir donc on met nos lampes frontales et on se met en route. La motivation n’est pas vraiment là ce matin mais il faut bien continuer, nous n’allons pas arrêter si près du but. Nous ne croisons absolument personne sur le sentier aujourd’hui. On pourrait se croire seul au monde, avec les oiseaux et quelques vaches. Un Kea (perroquet alpin) vient nous dire bonjour ou simplement vérifier si on ne laisse pas quelques miettes de nos barres de céréales sur le sol. En fin de journée, les nuages deviennent de plus en plus menaçants et il se met à pleuvoir quelques secondes avant d’arriver à notre abri pour la nuit. On pourrait donc se croire seul au monde, jusqu’à ce qu’on arrive à la hutte où on passe la soirée avec 4 randonneurs allemands. On suit l’un d’entre eux, Jay, depuis plusieurs jours et on commence à discuter de plus en plus avec lui. Il est photographe et a fait le tour du monde. Ces aventures sont fascinantes et inspirantes. Il semble avoir les ressources financières suffisantes pour passer toutes ces vacances dans des hôtels 5 étoiles et il fréquente d’ailleurs souvent ces hôtels dans des coins paradisiaques comme aux Seychelles, aux Maldives, en Thaïlande et autres destinations. Pourtant, il nous dit que rien ne le fait plus vibrer que d’être sur le Te Araroa dans des huttes plus ou moins en bon état, à marcher dans la boue, à se geler les pieds dans les rivières, à rencontrer des gens. Il y a plus de 20 ans sa femme et lui ont fait un voyage de plusieurs mois à vélo en Amérique du Sud, avec la tente sur leur vélo. C’était aussi l’une des plus belles expériences. Il parle des ces deux aventures avec le sourire aux lèvres et les yeux qui pétillent. Il est passionné par la plongée également et donne à Tristan une envie encore plus forte de passer son premier niveau. Ce genre de rencontres ne fait que booster notre motivation, nos envies de voyage et d’aventure et cela confirme une fois de plus qu’on a fait le bon choix en quittant un mode de vie qui ne nous convenait plus en Angleterre.

Quelques marécages à traverser.

Les couleurs saisissantes lorsque le temps est menaçant.
Nous trouvons notre refuge alors que la pluie commence à tomber.

Mardi 13

On longe les deux lacs Mavora et la forêt Snowdon. On ne le sait pas au moment où on y passe mais ces lieux ont été très utilisés lors du tournage du Seigneur des anneaux. La forêt Snowdon par exemple est le lieu où Aragorn, Legolas et Gimli rencontrent Gandalf le Blanc (Fangorn Forest). On fait une trentaine de kilomètres aujourd’hui et il n’y a officiellement aucun lieu pour camper sur cette portion alors on saute une barrière et on plante la tente dans un pâturage inoccupé. Ce n’est pas l’idéal mais ça fera l’affaire. Le lendemain (mercredi 14), on se rend dans la ville de Te Anau pour faire nos courses et jeudi 15, nos pieds se posent à nouveau sur le chemin.

Les paysages sont très loin de nous décevoir sur cette section.

3 pensées sur “De Arrowtown à Te Anau

  • 21 mars 2018 à 15 h 20 min
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    Toujours de beaux paysages et surtout de belles rencontres qui risquent de vous rendre très nostalgiques dès votre retour à la civilisation ! Sachez que vous avez fait un choix extraordinaire en vivant cette « expérience hors du commun »…
    Bon courage pour les derniers kilomètres et gros bisous.

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  • 21 mars 2018 à 16 h 18 min
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    QUE DIRE je pense que j’ai déjà épuisé tous les mots du genre époustouflant.. sublime.. merveilleux.. extraordinaire etc… alors que votre point final approche de plus en plus, je n’ai qu’un mot qui me vient à l’esprit  »admiratif »
    admiratif de tout ce que vous avez accompli en quelques mois, ces milliers de kms parcourus à la seule force de vos jambes et d’une motivation sans limite
    admiratif des textes et des photos
    admiratif de vous
    je suis ému par tant de force, et presque déçu que vous arriviez à destination, car je n’aurais plus le plaisir de suivre ce passionnant blog , déçu ? bien sur que non, car bientôt? nous allons vous serrez dans nos bras et passer de longues soirées à vous écouter nous raconter cette fantastique aventure
    Bises à vous deux
    PS je n’avais pas fait de commentaires dernièrement mais je veux rajouter, FELICITATIONS Tristan pour le magnifique dessin de Cédric.

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    • 22 mars 2018 à 6 h 38 min
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      Nous te remercions pour tes encouragements permanents qui nous vont à chaque fois droit au cœur. Il nous tarde de vous raconter cette aventure encore plus en détails. Gros gros bisous !!

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