Le parc national des lacs Nelson

De St Arnaud à Boyle

Départ le 28.01, arrivée le 03.02

Avant de prendre notre petit déjeuner ce dimanche matin 28 janvier, on va contempler le lac Rotoiti, à St Arnaud et les montagnes qui l’entourent. C’est dans cette direction que nous partons demain pour découvrir le parc national des lacs de Nelson. Comme c’est notre “jour 0km” ou “jour de repos”, on prend un petit dej différent et c’est des Coco Pops au menu, avec du lait froid pour moi et du lait chaud pour Tristan. Il faut dire que le choix des aliments n’est pas très large à la petite épicerie / station service / café du village. Mais ça ira. Dans la cuisine du camping, Tristan regarde le tableau d’affichage et voit qu’il y un bulletin météo pour les 5 prochains jours. Malheureusement, ce dernier n’est pas porteur de bonnes nouvelles pour nous. De très fortes pluies sont annoncées pour jeudi, jour durant lequel nous avions planifié de passer un col relativement difficile ou en tous cas, un col où nous n’avons pas envie d’être quand il y a des averses et du vent : le col Waiau. Après avoir retourné le problème plusieurs fois dans nos têtes, il n’y a qu’une possibilité si on ne veut pas perdre trop de temps : annuler notre journée farniente et se diriger vers les montagnes cet après-midi. On plie nos affaires, on fait les courses, on mange une pizza au deuxième café du coin et c’est reparti !

On arrive à la première hutte vers 18 heures, juste avant qu’un nouvel orage se déchaîne.

A St Arnaud, dimanche matin

Tristan regarde sa montre. Il est 7h10. Nous sommes prêts pour cette nouvelle journée de marche qui se passe merveilleusement bien. Les paysages deviennent de plus en plus jolis et quand on sort de la forêt un peu avant 16 heures, on s’arrête net.  Waouh !! Un paysage époustouflant avec notre hutte au milieu. Nous sommes déjà sous le charme de cette région. Un nouveau bulletin météo a été affiché dans la hutte. Il faut profiter du beau temps et du soleil tant que c’est possible. Des chutes de neige sont prévues à basse altitude pour la fin de la semaine. Ça nous paraît incroyable, nous qui avons eu tellement chaud ces derniers jours. On mange notre dîner composé de quelques noix et de semoule avec des oignons réhydratés et du bouillon de légumes. Tout d’un coup, Tristan lâche sa cuillère et se lève d’un bond pour se diriger précipitamment sur la terrasse d’où il pousse un cri de bienvenue. Je le rejoins et je vois deux silhouettes avancées en direction de la hutte : Haiku et Prana !!! Nos chemins s’étaient séparés un peu avant Wellington car nous avions des programmes différents. Nous sommes très contents d’être réunis et nous passons une agréable soirée à échanger nos expériences et ressentis sur les sentiers de Queen Charlotte et des Richmond, en mangeant une tablette de chocolat offerte par nos deux compagnons américains.

Trouvez la hutte !
Chute des températures et mauvais temps prévus

Le réveil sonne à 5h21 précisément. On suit notre rituel habituel. Je range les sacs de couchage et Tristan fait chauffer l’eau pour son café, mon thé et notre porridge. On mange silencieusement pour ne pas déranger les autres randonneurs qui dorment. Il fait encore nuit. Puis lentement, le soleil fait rougir les pierres des montagnes qui nous entourent. Le lever du soleil est un spectacle dont on ne se lasse pas. On aime commencer à marcher quand la nature est à peine éveillée. Les couleurs changent au fil des minutes, la lumière est douce, l’ambiance paisible puis le chant des oiseaux se fait de plus en plus entendre. On grimpe jusqu’à un col appelé Upper Travers, où on profite d’une bonne pause avec Haiku, Prana, Pete et Cassidy, tout en étant admiratifs des paysages. Encore une très belle journée sur le Te Araroa. Nous continuons notre avancée jusqu’au lac Bleu et on se dirige vers le lac Constance où nous souhaitons camper avec Prana et Haiku. D’après la carte, on comprend que le sentier suit le bord du lac et on en conclut que cela va être un chemin plat proche de la rive. On arrive au lac, Prana marche devant. Haiku, Tristan et moi prenons notre temps. Et là surprise ! On voit que Prana commence à grimper le long de la paroi de la montagne, dans les éboulis. Mais il a perdu la tête ? Pourquoi prendre un chemin difficile ? Il est où le sentier ultra facile à parcourir ? Confus, on le cherche désespérément des yeux et on aperçoit les piquets en hauteur qui nous somment de monter aussi. Donc le chemin est bien proche de la rive du lac mais vu que la pente de la montagne se jette verticalement dans le lac, il faut grimper pour accéder à un chemin praticable. La descente pour atteindre l’endroit où nous souhaitons camper est encore plus pentue et impressionnante. Naïvement, on pensait que ça allait être facile mais le Te Araroa a encore quelques surprises en réserve. Nos efforts sont une fois encore largement récompensés quand on on arrive au bout du lac et qu’on décide d’établir notre campement dans ce décor de rêve, entourés de majestueuses montagnes et de cascades. Haiku et Prana partagent une pleine casserole de chocolat chaud. Il fait bien plus froid que les nuits précédentes. Emmitouflés dans nos sacs de couchage, on passe une bonne nuit avant la journée de folie qui nous attend : le col Waiau et un peu plus.

Avec Haiku et Prana, sur le col Upper Travers
Le lac Bleu, contenant une eau extrêmement pure.

Le lac Constance en bas et nous sur le chemin qu’on pensait facile…
Maintenant, il faut trouver un endroit où mettre nos tentes.
Ici, ce sera pas trop mal. 😀

Mercredi 31 janvier, 6h40, nous sommes devant le sentier qui mène jusqu’en haut du col Waiau (1870m, 2ème point le plus haut sur le Te Araroa). Le vrai défi n’est pas l’altitude mais le fait de devoir progresser sur le flanc de la montagne,  dans les éboulis. Par endroit, c’est très instable et quand on fait un pas ou deux, il arrive que les pierres sur lesquelles nous marchons forment une plaque et glissent sur plusieurs centimètres. Quand ça arrive, on espère juste que ça s’arrête au plus vite. On cherche un chemin plus stable qu’on finit par atteindre. Nos efforts paient encore et toujours et on découvre une vue imprenable en haut du col. La descente s’avère aussi très intéressante avec une partie où nous devons “désescalader” la paroi. Après plusieurs heures de marche dans cet environnement, on retrouve la vallée. On prend notre pause déjeuner vers 13h30 et on retrouve Ellie dans une hutte. Nous avions fait plusieurs jours de marche avec elle et la partie en canoë dans l’île du Nord. Après avoir mangé, on décide d’aller tous ensemble à la hutte Anne, qui est 26 km plus loin, afin de pouvoir traverser une rivière sur notre passage avant les fortes pluies prévues pour demain. Il est très fortement déconseillé de traverser certaines rivières pendant ou après de grosses averses car le niveau de l’eau peut rapidement s’élever, le courant peut s’amplifier et la traversée peut devenir dangereuse. On aperçoit la hutte vers 21h, juste avant que la luminosité du jour disparaisse complètement. Une journée bien remplie avec 39 km parcourus.

Quelques sueurs froides pour passer cette paroi.
Le sourire est vite retrouvé.
On arrive en haut du col !
Le col Waiau
La descente se passe de commentaire, non ? 🙂

Comme cela était annoncé, des rafales de vent puissantes et de fortes pluies arrivent dans la nuit et elles vont continuer toute la journée de jeudi. Notre troupe décide de patienter tranquillement et de rester la journée de jeudi et une deuxième nuit dans la hutte. On reprend la marche vendredi. Les températures ont chuté et on fait maintenant des feux pour se réchauffer à l’intérieur des huttes équipées de poêle à bois. On se dirige vers le prochain village Boyle où on arrive le 3 février. On récupère le colis qu’on avait posté de Wellington remplit de notre nourriture pour les 6 prochains jours. Nous avons désormais parcouru 2095km. Et c’est reparti pour la prochaine section, toujours en compagnie de Prana, Haiku et Ellie.

Rester dans une hutte proche du poêle à bois pour éviter le mauvais temps s’avère être un excellent choix.

3 pensées sur “Le parc national des lacs Nelson

  • 11 février 2018 à 23 h 56 min
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    Toujours aussi bien ecrit et franchement passionant ! Les photos sont superbes, comme d’hab. Il faudra vous trouver un editeur pour publier cette aventure incroyable ! Courage pour la suite et continuer a nous faire voyager avec vous 😉

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    • 12 février 2018 à 2 h 31 min
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      Seb! tes commentaires sur notre blog nous font tjrs très chaud au cœur ! C’est très gentil de nous suivre ! Nous avons parcouru environ 2207km et il nous en reste encore 834 !

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  • 22 février 2018 à 21 h 44 min
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    j’ai trouvé la hutte, pourtant bien cachée dans les bois. bon finalement avec des huttes aussi belles et en + équipées de poêle à bois c’est une … »balade de santé » heu….peut sauf les montées et les vertigineuses descentes
    biiiiises

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